d'après l'oeuvre de Patrick Kermann
Spectacle labellisé « Scènes d'Eté en Gironde 2008 »
Avec le soutien du Conseil Général de la Gironde, de la Communauté de Communes du Canton de BOURG, des communes de
VILLENEUVE, PRIGNAC et MARCAMPS et Saint CIERS de CANESSE.
"Ce n'est pas parce qu'on est mort qu'on n'a plus rien à dire"
Rien de nécrophage dans cette pièce en réalité fort drôle et qui donne plutôt envie de croquer la vie à pleines dents !
Et si parfois elles grincent, le rire finit toujours par l'emporter.
Les défunts de ce cimetière de Moret-sur-Raguse ne peuvent s'empêcher de parler. Hommes et femmes de plusieurs générations nous disent leurs bonheurs, leurs peines. Des petites histoires qui traversent la grande : les amours, les jalousies, les trahisons, les choses de la vie...
Ces morts que l'auteur «arrache momentanément de l'oubli» ont chacun leur propre langue liée à leur époque, à leur vécu, à leur sensibilité sociale et l'on navigue entre le parler spontané, la poésie, l'argot des tranchées, le parigot, les mots inventés... La force de toutes ces paroles est liée à cette diversité des langues, cette multitude de personnages simples ou simplement humains qui rappelle à notre mémoire un passé proche trop vite enfoui.
Et derrière toutes ces petites histoires, une autre se trame... Celle de Caroline, une jeune fille craintive qui erre au milieu de tous ces défunts, et d'Armand, poète, musicien, et architecte du lieu. Il agit à sa guise sans se soucier du tohu-bohu des ses habitants.
Entre Caroline et Armand va se tisser l'histoire... l'Histoire de la vie !
L'auteur : Patrick KERMANN
Patrick Kermann est né en 1959 à Strasbourg. Il reçoit l'aide à la création du Ministère de la Culture en 1992 pour « Naufrage » (en collaboration avec JC. Rousseau) et en 96 pour « De quelques choses vues la nuit ».
Il reçoit la bourse de commandes de la Direction des théâtres et des spectacles en 1996 pour « Suaire » (Les petites morts et la dolence des vivants) et en 1998 pour « Thrène ». Boursier Beaumarchais en 1999 pour « Leçons de ténèbres », et boursier d'une année sabbatique de CNL (1999-2000). Il décide de mettre fin à ses jours le 29 février 2000.
L'oeuvre : La mastication des morts
Et si les morts étaient bien plus vivants que les vivants ?
C'est en visitant un petit cimetière de la campagne française que m'est venue l'idée de construire une polyphonie de l'au-delà en redonnant la parole aux centaines de défunts enterrés depuis des siècles à Moret-sur-Raguse, village symbolique inventé de toutes pièces...
Hormis la géographie, purement imaginaire, du village en question, tout ce que je raconte dans ma pièce est authentique, au détail près, petite histoire et grande Histoire entremêlées.
La mastication des morts est un travail sur le nombre et la mémoire, la petite mémoire fragile d'une multitude de voix qui s'inscrivent dans l'histoire d'une communauté.
Les morts que j'arrache momentanément de l'oubli en les mettant en scène ne connaissent ni la résignation de la tristesse ni la brûlure de la plainte, ni horreur, ni extase, ni enfer, ni paradis.
Patrick Kermann. Extrait du texte établi par André Dupuy d'après une conversation avec l'auteur les 27 janvier et 24 février 2000.
A la première lecture de l'oeuvre de Patrick Kermann, la Mastication des morts, nous avons été frappé par la singularité du thème qui s'attache à redonner la parole aux habitants d'un cimetière, et par la richesse qu'offre ce matériau autour de l'exploration de notre langue.
Ces morts que l'auteur « arrache momentanément de l'oubli » ont chacun leur propre langue liée à leur époque, à leur vécu, à leur sensibilité sociale et l'on navigue entre le parler spontané, la poésie, l'argot des tranchées, le parigot, les mots inventés...
La force de toutes ces paroles est liée à cette diversité des langues, cette multitude de personnages simples ou simplement humains qui rappelle à notre mémoire un passé proche trop vite enfoui.
Ces personnages nous racontent leur vie, ordinaire ou tourmentée et se questionnent sur ce qui les a fait basculer de l'autre coté, dans cet au-delà si mystérieux pour nous autres vivants, « morts en sursis » ; ils dédramatisent alors, par la dérision, la boutade ou le mépris, notre angoisse face à la mort, leur message nous apaise.
« La grande joyeuseté et la formidable gaieté de tous ces morts réconciliés » comme le dit l'auteur offre cette possibilité de mise à distance.
A la lecture de ces épitaphes, nous sommes aussitôt séduits par ces prises de parole, fugitives ou soliloquées, éveillant l'imaginaire et laissant percevoir la singularité du personnage, son allure, son humeur, sa relation aux autres... d'où le souhait, parfois, d'un « jeu distancié » et de non-incarnation des personnages.
La transparence ou l'opacité sans existence charnelle de ces défunts enterrés qui retrouvent la parole nous invitent, à travers le mystère de la mort, à de multiples formes d'expression scénique.
Comment ne pas être séduit par la force du langage de Patrick Kermann, par cette multitude de prises de parole toutes marquées par leur singularité. Nous avons retenu une soixantaine d'épitaphes pour une oeuvre qui en compte deux cents. La question de la multitude s'est très vite posée au regard d'une distribution resserrée à deux comédiens.
Dès lors, il nous apparaissait évident, d'une part, que la distinction des personnages allait s'appuyer plutôt sur l'interprétation et leur spécificité de langage que sur leur apparence et d'autre part, que la scénographie et la lumière allaient jouer un rôle prépondérant.
Un décor dépouillé évoque un petit cimetière de village : quelques stèles, deux coffres servant indifféremment de cercueil ou de banc, des pans de tulle tendu.
Ombre et lumière sont indissociables de l'apparition / disparition de ces morts... en sursis de vie.
Les comédiens se mettent en jeu dans une vision retenue pour le spectateur, parfois au travers d'un élément du corps, d'un regard, d'une voix.
Un univers sonore accompagne l'errance de ces âmes communes et des respirations musicales ponctuent leur prise de parole.
Le travail de mise en espace sera amené à évoluer en fonction des différents sites dans lesquels ce spectacle sera programmé (Théâtre, théâtre de verdure, cimetière, centre ville...)
Ce spectacle surfe sur une vague intemporelle, surprend le spectateur par son rythme, par l'humour et l'allégresse des habitants de ce charmant cimetière rural !
La Compagnie DUODELIRE, fondée en 1999 fait en sorte que l'acte de lire, de jouer ou de conter touche, par une grande proximité, des personnes d'âge et de milieux éloignés pour susciter en eux l'envie d'ouvrir plus grand leurs yeux et leurs oreilles aux mots et à l'imaginaire, de se laisser aller à l'émotion et au plaisir et puis d'y réfléchir...
Les formations à la lecture à haute voix et aux pratiques théâtrales contribuent à l'épanouissement de chacun, dans le respect des autres, sans économie de soi...
Son choix se porte avant tout sur des écrivains et auteurs de théâtre contemporains.
Elle privilégie un rapport au public le plus direct possible, dans la simplicité et la convivialité.
La Cie « L'oeil de la percée » a été crée le 21 juin 2002. Elle produit son premier spectacle professionnel dans une mise en scène de Jean Marc DRUET, « Le roman de Renart ». Adapté à partir des textes du XIIème siècle, ce conte musical aux sonorités Moyenâgeuses est le fruit d'un travail mené par les élèves de dernière année du Conservatoire National Supérieur de Musique et de Danse de LYON ( C.N.S.M.D.)
Ce spectacle a été créé au CNSMD le 10 janvier 2003, et joué quarante fois à travers le grand Est de la France et notamment à l'Ecole Normale Supérieure de Lettres de Lyon au Théâtre Kantor et à l'amphithéâtre de l'Opéra de Lyon en 2003 et 2005.